Bushwick, vendredi après-midi. David Kiss m’accueille dans un canapé de la maintenant incontournable House of Yes, comme on reçoit un ami. L’ambiance est décontractée, et tout se déroule très naturellement dans ce décor quelque peu irréaliste. Ma chemise semblait presque de trop, en comparaison avec mon rendez-vous passé ce matin en compagnie de la Directrice US Beauté et Parfum de Chanel. DJ, musicien, sound designer, David est aussi producteur exécutif et directeur artistique à la House of Yes, cet ovni festif planté au cœur du quartier de Bushwick. C'est une véritable institution. Créée en 2016, la House of Yes en est déjà à sa troisième version. Les deux premières, clandestines, évoluaient hors de Bushwick, là où l’underground frôle l’illégalité. Ici, le lieu s’éveille vraiment à partir du jeudi. Le samedi soir, c’est l’apothéose. David me parle du quartier comme d’un terrain vague peuplé d’entrepôts, marqué par son passé ouvrier, par le bruit des machines et la sueur du secteur secondaire. Certains trouvent la nuit à Bushwick « trop intense ». Lui, il sourit, et répond : « C’est un cirque. » Et c’est exactement ce que j’ai ressenti en y retournant, vendredi soir, invité en guest list, s’il vous plaît. Une déflagration sensorielle. J’ai revécu, en mieux, la scène d’ouverture de Babylon de Damien Chazelle : acrobates suspendus au plafond, performances dans des baignoires, pièces folles en enfilade. Tout semblait permis, tout semblait vrai. Un lieu de tous les possibles, de toutes les libertés.
youtu.bePart of: BUSHWICK